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Association Psychologie & Parentalité
Par
Meyer Catherine
Le 08/12/2013
L'Association Psychologie & Parentalité est née. Nous vous tiendrons informé(e)s de toutes les activités que développera cette association, dédiée à la famille, à la parentalité, à l'enfant.... Un projet d'envergure en est en cours de réalisation. Alors, à très très bientôt.

Par
Meyer Catherine
Le 09/07/2013
L'agressivité naturelle chez l'enfant
Quand j'explique aux parents comment naît la violence, j'utilise toujours ces deux boules, une petite, l'autre grande. La violence est un dérivé de la colère, émotion oh combien importante pour maintenir à distance les éventuels agresseurs. La violence naît également de la peur, décharge d'adrénaline très addictive. Toutes les deux sont des émotions. L'enfant est un sensoriel, un émotionnel avant de devenir un être de raison. Les émotions sont donc des baromètres de notre humeur. Ne pas pouvoir les exprimer équivaut à mettre un couvercle sur une cocotte qui va bouillir tôt ou tard. La petite boule devient grande et gêne considérablement ! Les conséquences sont diverses mais celle qui nous intéresse aujourd'hui est la violence.
L'agressivité est naturelle. Si nous observons des petits chatons, ils jouent à la bagarre mais tout en le faisant, ils se positionnent socialement et nous remarquons rapidement des dominants et des dominés. Or, l'être humain est un être territorial et n'en déplaise à certains parents que je ne voudrais pas heurter mais l'enfant a une agressivité naturelle en lui.
Des études ont démontré que l'agressivité physique débutait entre la fin de la première année et celle de la deuxième année dans des fréquences par contre différente. Cette fréquence augmente pendant les 30 à 42 premiers mois pour ensuite diminuer de manière constante. Par ailleurs, les études longitudinales qui se poursuivent jusqu’à l’adolescence montrent que la période préscolaire est une période charnière pour l'apprentissage de la régulation de l'agressivité physique. En effet, la minorité d’enfants (de 5 à 10 %) qui continuent à manifester des niveaux élevés d'agressivité physique à l'école primaire présentent le risque le plus élevé de se livrer à des comportements de violence physique pendant l'adolescence. Il est intéressant de noter que la fréquence des agressions physiques diminue à partir de la troisième ou de la quatrième année après la naissance, alors que la fréquence des agressions indirectes (propos désobligeants à l’insu de la personne visée) augmente de façon importante entre 4 et 7 ans. Les filles ont tendance à utiliser cette forme d'agressivité plus souvent que les garçons.
L'enfant cherche régulièrement à retrouver la toute puissance lorsqu'il était nourrisson. Des pleurs, des cris, des colères pour obtenir, vous voyez que ce réflexe est archaïque. Il est difficile pour lui ensuite d'apprendre à attendre, à ne pas obtenir et si nous le laissons un peu trop faire, trop décider, cette forme de toute puissance retrouvée peut aboutir à une position de dominant dans une peau d'enfant. C'est-à-dire, trop de puissance et de pouvoir dans un bout de chou. Nous observons parfois des enfants tyrans qui ont du pouvoir sur tout leur entourage, ils décident de tout. Avec ses congénères, c'est identique. Il y a naturellement des dominés et il n'est pas rare de voir des boucs émissaires et entendre des anciens enfants devenus adultes nous raconter leur calvaire lorsqu'ils étaient enfants.
Or, le paradoxe fait souvent que l'agressif a en fait peur de toute cette agitation autour de lui, des autres enfants et pour combler cette peur, ne surtout pas la montrer, il va terroriser son entourage. La colère sert souvent à masquer d'autres émotions comme celle que je vous parlais toute à l'heure, la peur. En ne mettant pas de limites constructives à un enfant, je le dis et le répète, et ne suis pas la seule, c'est l'équivalent de le jeter dans du vide, un précipice. C'est enivrant, c'est planant, il y a de l'adrénaline il est vrai, mais la chute va arriver ! Les limites sont donc constructives mais surtout rassurantes. J'en parlerai un peu plus loin. La peur de l'enfant, Mesdames, Messieurs, est de perdre votre amour, se sentir abandonné et il fera tout, absolument tout pour que cela ne se produise pas, quitte à choisir les pires comportements.
Sociologiquement, les petits garçons seraient plus agressifs que les petites filles. Elles utiliseraient plus mots et les garçons leurs poings ou leurs pieds. D'autres part, les garçons tourneraient leur agressivité plus vers l'extérieur et les filles contre elles. C'est pendant la petite enfance que l'enfant apprend à canaliser cette agressivité naturelle en mettant en place des alternatives. A nous, adultes, de leur proposer celles qui nous paraissent socialement les plus adaptées. Écouter leurs émotions, les valider, les reconnaître, mais pas forcément les accepter toutes, garder notre position d'adulte, de ceux qui savent et d'appliquer des conséquences, des punitions s'il le faut.
La violence vue par les parents
Lorsqu'un parent apprend que son enfant a des comportements violents envers des camarades, la première réaction est le déni. En effet, il est difficilement concevable que son enfant, chéri, aimé, tant désiré, puisse se comporter de manière non appropriée. On voit alors le parent se débattre intérieurement contre des forces contraires. « Non ce n'est pas possible. Mon enfant a dû réagir à l'agressivité d'un autre. C'est une erreur ! Ce sont les professeurs qui n'aiment pas mon enfant. » etc etc. C'est un monde qui s'écroule. Que faire ? Comment le faire et pourquoi ?
Tout d'abord, il n'est point nécessaire de stigmatiser les parents. Il existe des parents qui font de leur mieux, posent des limites claires, ils sont fermes et justes, appliquent les conséquences mais le caractère, la personnalité de l'enfant est difficile. Même à l'état de nourrisson, on constate que certains sont plus agressifs que d'autres. Nous n'avons pas de réponses scientifiques à donner à ce jour.
Or, il s'avère qu'il y a une profonde confusion depuis les années 70 au sujet de l'éducation des enfants. Lors d'une précédente conférence sur les bienfaits des limites dans l'éducation, je précisais qu'il s'agissait de compenser une éducation jusqu'alors répressive. Or, nous avons complètement banni les limites. Elles étaient comprises comme frustrantes voire maltraitantes. Aujourd'hui, avec le recul, nous constatons que ce n'est pas la solution. Comme j'aime à citer le Bouddha, la solution est dans le juste milieu. Comme je le disais toute à l'heure, ne pas mettre de limites à un enfant, c'est le jeter dans le vide. Or, il s'agit de savoir de quelles limites nous parlons aujourd'hui. Rappelez-vous Mesdames, Messieurs, de votre enfance. Où en êtes-vous avec votre histoire ? Qu'est-ce qu'elle vous appris ? Y a-t-il des expériences que vous avez envie de transmettre avec votre enfant ? D'autres non ? Très certainement. Mais il s'agit surtout de comprendre que quoique vous ayez vécu, vous avez appris le monde, à travers les yeux de vos proches. Vous pourrez toujours essayer de faire mieux ou pareillement, mais il s'agit surtout de comprendre que l'enfant a besoin d'apprendre. Non il n'est pas un adulte en miniature. Il vit entièrement dans l'instant présent, vous savez, celui que nous avons tant de peine à retrouver en tant qu'adultes. Suivant son âge, il est difficile pour lui de pouvoir anticiper les conséquences à ses actes. Il faut donc en parler avec lui et appliquer quand même la conséquence.
Je vous donne ici un exemple simple : Si votre enfant joue avec un verre d'eau, il risque d'en renverser un peu. S'il en renverse, que faites-vous ? Vous le chahutez ? Vous épongez vous-même l'eau renversée ? Vous anticipez peut-être et lui enlevez le verre en le grondant, avant même qu'il ait renversé de l'eau ? Si vous le grondez, il saura qu'il aura fait une faute mais laquelle ? Si vous épongez vous-même, il saura que vous assumerez vous-même ses actes et peut s'en servir. Il peut aussi, en grandissant, vous prendre pour une bonniche. Si vous anticipez, il ne vivra pas l'expérience. Quoiqu'il en soit, il a du pouvoir sur vous. Il arrive à vous faire réagir et ainsi se mettre au centre de votre attention. C'est un gain de toute puissance et nous avons compris maintenant qu'il ne faudrait pas le laisser avec tout ce pouvoir dont il ne sait que faire. Il serait mieux de lui faire assumer ses responsabilités. C'est aussi un bon moyen de respecter l'enfant à mon sens. Qu'il joue avec ce verre d'eau. S'il en renverse, il épongera lui-même. D'ailleurs c'est un bon moyen de savoir s'il joue ou s'il cherche une réaction de votre part. S'il joue, pourquoi le gronder d'ailleurs ? A nous de lui proposer une autre façon de jouer, un autre objet. Ainsi nous ne l'empêchons pas de jouer, mais choisissons un jeu avec lui qui nous paraisse plus approprié. S'il cherche une réaction de votre part, il épongera l'eau et ne le refera plus. Parce que ce n'est pas drôle d'assumer ses actes et surtout parce que cela ne marche pas avec vous, il n'a pas d'emprise sur vous.
Ainsi des limites encourageantes amènent un cadre dans lequel l'enfant peut vivre sereinement, sait comment réagir, comment les membres de la famille réagissent, un cadre dans lequel l'enfant est écouté, entendu, respecté et dont les émotions sont gérées ensemble, avec les parents, les adultes.
Pour celles et ceux que cela intéresse, je vous invite à aller sur mon site pour lire la conférence sur les bienfaits des limites dans l'éducation. C'est toujours très instructif et encourageant pour vous, parents ! Le but étant de relancer votre créativité et votre liberté d'être.
La violence vue par les enseignants et le personnel
J'aimerais ici rappeler les enjeux de l'école cités sur le site du Ministère de l'éducation nationale, qui n'est pas uniquement cantonné à transmettre des connaissances mais aussi de savoir offrir des chances égales et une intégration réussie ainsi que lutter contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l'homophobie. « Prévenir et lutter contre la violence à l'école est une des conditions de réussite des élèves, qui ont besoin de travailler dans un climat serein pour réussir ».
Ce point de vue est très intéressant car il vient compléter cette triade absolument indispensable au bon fonctionnement du développement de l'enfant. Ici il ne s'agit pas d'éducation mais de respect. Respect des règles de communauté, respect des adultes, de la « hiérarchie », respect des autres camarades... Or, depuis quelques années déjà, nous nous trouvons de plus en plus confrontés à un cruel manque de respect. Il devrait y avoir une transmission de pouvoir sur l'enfant qui n'est pas acceptée par tous. Pourtant, lorsqu'une violence, une agressivité poussée est remarquée soit vis-à-vis d'un autre enfant, soit vis-à-vis d'un enseignant ou d'un membre du personnel, il faut bien réagir, il faut bien ne pas laisser faire. Posez-vous la question : Faites-vous confiance à l'enseignant de votre enfant ? Pouvez-vous communiquer avec lui aisément au sujet de votre enfant ? Donnez-vous crédit aux dires de cet enseignant ? Il est celui, ne vous en déplaise ou non, qui connaît votre enfant en dehors du noyau familial, qui le voit évoluer dans cette cour, pleine d'enfants, cherchant sa position sociale, de manière plus ou moins adaptée. Il est celui qui doit rappeler les règles et les appliquer. Et nous ne parlons pas de règles d'un goulag mais bien d'une école. Êtes-vous d'accord avec ces règles ? Les connaissez-vous ?
A mon époque, l'autorité des enseignants n'étaient pas discutée. Je me rappelle personnellement un tirage d'oreille douloureux pour avoir défier cette autorité. Lorsque je m'étais plainte auprès de mes parents, ma frustration a été encore plus grande de les entendre donner raison à mon professeur. Bien sûr, il n'est plus permis aujourd'hui de punir corporellement les enfants et c'est tant mieux ! Mais faut-il quand même entendre les parents transmettre leur autorité aux enseignants pour que l'enfant l'accepte tant bien que mal. La cour de récréation est comme une petite jungle dans laquelle évolue des enfants différents (taille, poids, couleur de cheveux, lunettes, culture...) Tout est sujet à inquiéter celui qui cherche une appartenance et on le sait, la tolérance doit s'apprendre. N'oublions pas ici que ce qui menace, ce qui fait peur doit être écarté et que bien souvent, c'est la peur qui dicte les comportements agressifs et violents. Nous avons malheureusement beaucoup de cas relatés par les médias. Le groupe rend fort, celui qui a peur va chercher un groupe dans lequel se sentir plus fort. L'adrénaline de la peur multipliée par le nombre d'individus dans le groupe fait des sérieux dégâts, matériels mais surtout malheureusement humains. Dans la cour de récréation, il y a des comportements qui nous donnent déjà des alertes sur d'éventuels débordements. Ce sont les membres du personnel des écoles et les enseignants qui font ces observations. Il serait donc important d'entretenir une relation de confiance, de prendre le temps de se connaître, et de dialoguer. Et surtout de rétablir la fonction d'autorité à l'école.
Que dire des enfants victimes de violence ? Les conséquences peuvent être lourdes : perte d'estime de soi, décrochage scolaire, anxiété, dépression, somatisation et conduites suicidaires. En effet, comment ces enfants pourraient évoluer en sécurité dans ce monde ? Vous-mêmes avez besoin de sécurité. Je reçois en cabinet des enfants angoissés, qui s'arrachent les cheveux, vomissent, ne dorment plus, ont des crises de larmes au moment d'aller à l'école, se lèvent déjà avec des douleurs abdominales... Ce n'est pas acceptable. Pour les enseignants, le personnel et les parents, il faudrait également pouvoir observer si l'enfant s'isole, ce qui est toujours un signal très alarmant. L'enfant victime peut également devenir agresseur à son tour. N'oublions pas que la peur est une des deux émotions qui peut mener à la violence. Racket, harcèlement, coups.... 1 enfant sur 10 serait victime de harcèlement et de violence à l'école. Le pire serait de fermer les yeux. D'ailleurs, je vous invite à regarder le clip du groupe Indochine : College Boy ! Très extrême il est vrai mais ce qui choque le plus, à mon sens, est le fait que tous les personnages qui assistent au lynchage de ce garçon ont les yeux bandés. Le personnel et les enseignants ont cette responsabilité de voir, de dire, d'intervenir. Il ne faut jamais banaliser un acte agressif, violent. Il nous faut créer un dialogue avec l'enfant, les enfants agresseurs, et ainsi permettre une décharge de cette violence. On le voit en cabinet, parler permet d'abaisser la tension interne. J'encourage donc fortement le personnel des écoles à parler, dialoguer, ouvrir tout dialogue permettant ainsi de garder le lien avec l'enfant. Montrer l'exemple, que ce soit les parents, les enseignants, à savoir qu'on règle nos conflits avec le dialogue et respect. Pour les enfants victimes, je ne peux qu'encourager les parents, les enseignants à entendre, encourager, valider l'enfant comme une victime. Son statut doit être reconnu. Et aussi le faire voir par un professionnel car son estime de soi doit être reconstruite, il doit se sentir soutenu et pouvoir reprendre confiance en lui, dans le monde. Il s'agit d'éviter le pire... que l'agressivité « encaissée » ne ressorte sur un plus faible que lui ou … contre lui. Les cas de suicide existent même pour les enfants.
En agissant ensemble, grâce au personnel et aux enseignants, nous pouvons aider tous ces enfants afin de rétablir le calme nécessaire à la réalisation de chacun et un climat serein à l'apprentissage scolaire et social. Il s'agit de passer de la violence à l'agressivité contrôlée, de l'acte au dialogue. Le dialogue permet une décharge des émotions et évite ainsi un éventuel passage à l'acte.
Le gouvernement s'active et a mis sur pied un plan d'action global afin de lutter contre la violence et le harcèlement. Il s'agit également de redonner du sens aux sanctions scolaires, à savoir responsabiliser l'enfant perturbateur et pour cela, nous avons besoin que les parents adhèrent. Nous devons donc nouer un dialogue entre adultes afin d'encadrer les enfants au mieux et d'entendre leurs besoins : besoin de se dire, besoin d'être entendu, besoin d'être reconnu, besoin d'être valorisé, besoin d'intimité, besoin de créer, besoin de rêver. Nouer un dialogue avec l'enfant pour que ses besoins soient entendus et respectés.
Conclusion
Si nous n'intervenons pas tôt pour tenter de contrôler ensemble, en collaboration avec les parents, le personnel des institutions scolaires et des professionnels de la santé physique et psychique, le risque est une possible évolution vers une délinquance. En effet, il faut comprendre que la « loi » dans la famille et les règles de vie communes dans la vie scolaire sont représentatives ou devraient l'être de la société aujourd'hui avec ses lois et ses autorités. Si les premières autorités que sont d'abord les parents puis les professeurs ne sont pas respectées, l'autorité que représente l'état et la police ne le seront également pas. Nous voyons certains jeunes défier la police lors des manifestations quelconques et ressentir cette adrénaline lors de conflits, mais lorsqu'ils sont arrêtés, cadrés, voire enfermés, lorsqu'ils se retrouvent seuls, il y a souvent une réassurance, en sentiment de justesse, si ce n'est de justice. C'est lorsqu'ils sortent que la tentation de la toute puissance se fait à nouveau ressentir, dans le groupe qui représente une nouvelle famille où la loi est un code d'honneur et imposée à nouveau par des dominants. Les autres, ceux qu'ils volent, agressent, frappent, n'existent pas. L'empathie, l'altérité n'existent pas. Ces jeunes vont à contre-courant de notre société, quelle qu'elle soit, ils créent leurs propres règles. Ils sont perdus dans un monde que finalement ils ne comprennent pas. A nous de leur expliquer le monde, comment il fonctionne communautairement et ce que nous attendons d'eux en leur mettant ces fameuses et sacrées limites constructives, respectueuses et finalement bienfaitrices. Il est plus important de répondre aux besoins des enfants qu'à leurs désirs.
Merci Mesdames et Messieurs de votre attention et bonne continuation à vous toutes et tous.
Par
Meyer Catherine
Le 02/06/2013
Lettre à mes patients (ou aux patients de psy)
Cher(e)s patient(e)s,
La première chose qu'il me paraît important de vous dire c'est :
Venez comme vous êtes !
Il est dommage, soit dit entre nous, que ce slogan, porteur et encourageant, soit utilisé par une marque de fast food.
N'ayez pas peur !
Vous qui avez besoin, ponctuellement ou à plus longue échéance, d'aide, de soutien, d'écoute, d'un endroit où être vous, être respecté, vous avez fait le plus dur, à savoir le premier pas !
La thérapie ou l'analyse sera celle que vous ferez qu'elle soit.
Alors prenez le temps de choisir votre thérapeute, peu importe le courant dont il émerge, il doit être à votre écoute et vous proposer un lieu où vous pourrez être vous, où votre personnalité, votre identité pourra (enfin) émerger.
Cet endroit est le vôtre le temps que vous l'investirez.
C'est un investissement pour vous, pour votre mieux-être. Il est donc important que vous vous sentiez en sécurité et en confiance.
Personne ne doit vous diriger dans une direction que vous ne prendriez pas vous-même.
Le temps de savoir où vous vous dirigez, le thérapeute est à votre écoute et ne vous influence pas. Refusez qu'on prenne le pouvoir à votre place, qui que ce soit. Le but de cette thérapie que vous entreprenez est de vous attribuer cette vie qui est la vôtre, qui vous appartient et d'obtenir suffisamment d'autonomie pour faire vos propres choix, quels qu'ils soient.
Aucun jugement ne doit être fait à votre encontre !
C'est votre vie et personne ne peut la vivre à votre place. Votre vécu est personnel et personne n'aurait pu le vivre autrement que vous l'avez vécu.
Restez autant que vous le jugez nécessaire !
C'est vous qui sentez quand vous n'avez plus besoin d'un tuteur sur lequel vous appuyer.
Prenez le temps de dire au-revoir !
Se voir une dernière fois, se dire au-revoir c'est la garantie que l'analyse, la thérapie est aboutie.
Au plaisir de partager un bout de route avec vous !
Catherine Meyer
Psychanalyste et psychopraticienne
Par
Meyer Catherine
Le 30/03/2013
La tolérance Conférence APE Paluds-de-Noves
29 mars 2013
Introduction
Lorsque j'ai été contactée pour faire une conférence sur la tolérance, comme beaucoup de personnes, je me suis dit que la tolérance devait être une vertu, une philosophie de vie, une qualité. Être tolérant semble être essentiel pour vivre en société, un fait acquis pour construire une société diversifiée, riche et enrichissante. En effet, nous vivons dans un pays où nous pouvons avoir une culture différente, une foi différente, un physique différent. En est-on bien sûr d'être libres à ce point ? Je me suis donc penchée sur des écrits et j'ai effectué des recherches plus avancées. Certain(e)s d'entre vous seront peut-être surpris(es) d'apprendre qu'il n'en est rien. Bien entendu, être tolérant est une position souhaitée pour pouvoir vivre en société, essentiellement cosmopolite comme la nôtre. Mais j'ai surtout compris que pour la psychanalyse comme pour la philosophie, c'est une position qui va à l'encontre de notre nature vivante et que c'est plutôt une attitude à adopter et à faire adopter à nos enfants.
Définition : Dans son sens le plus général, la tolérance, du latin tolerare (supporter), désigne la capacité à accepter ce que l'on désapprouve, c'est-à-dire ce que l'on devrait normalement refuser. Au sens moral, la tolérance est la vertu qui porte à accepter ce que l'on n'accepterait pas spontanément, par exemple lorsque cela va à l'encontre de ses propres convictions. Toute liberté ou tout droit implique nécessairement un devoir de tolérance. La tolérance signifie « cesser de combattre ce qu'on ne peut changer ». Selon certains moralistes, la notion de tolérance est associée à la notion absolue de bien et de mal. La tolérance s'exerce lorsqu'on reconnaît qu'une chose est un mal, mais que combattre ce mal engendrerait un mal encore plus grand.
Cela laisse surtout à comprendre qu'il y eu une intégration de l'altérité, à savoir prendre en compte l'autre, s'ouvrir à l'autre. Nous verrons un peu plus tard dans cet exposé que l'altérité ainsi que l'empathie qui y est liée font partie de l'apprentissage et ne sont pas une caractéristique innée.
L'étranger :
Naturellement, ce qui est étranger, différent de nous est rejeté. Ce fait est plus clair lorsque nous nous penchons sur notre biologie. Ce qui est étranger à notre corps, ce dernier le rejette (greffon, microbes, bactéries, etc.) C'est de ce point de vue que nous pouvons déjà commencer à comprendre le fait contre-nature de la tolérance. Notre corps tolère un certain taux de bactéries, de microbes et les anticorps vont commencer leur travail lorsque la vie, la santé semble menacée.
Or, socialement parlant, il en est de même. Nous pouvons tout à fait tolérer ce qui est différent, les personnes qui pensent différemment, qui vivent culturellement parlant différemment, qui ont une morphologie ou une couleur de peau différente, tant que nous ne nous sentons pas menacés par cette différence, tant que nous nous sentons encore supérieur dans le groupe ou individuellement. Si je prends l'exemple de la religion, nous vivons dans un pays chrétien où la majorité des personnes sont de foi chrétienne. Tant que la suprématie de la chrétienté demeure, nous ne nous sentons pas menacés par les autres religions. Il suffirait que d'autres religions deviennent plus fortes par son nombre pour que l'intolérance se remette à se manifester, telle que quand nous étions enfant.
Sans vouloir choquer quiconque pour qui il est difficile d'imaginer l'enfant autrement que comme un être pur et sans défense, il convient ici de faire un petit rappel de l'évolution naturelle ou sociale plutôt de l'enfant.
L'enfant et sa sociabilisation :
Le nourrisson arrive sur terre, dans la vie, pur et sans intention. Il est vierge de toute manifestation bonne ou mauvaise. Or, vous l'avez constaté avec vos propres enfants, le nourrisson, pour pouvoir s'ouvrir au monde extérieur, doit être sollicité mais également doit éprouver des manques pour pouvoir entrer dans une forme de réalité. Il est entièrement, pendant la première année, tourné vers le principe de plaisir. Les premiers mois, son plaisir est tourné sur l'oralité, à savoir sur la bouche, et fait ainsi connaissance avec son monde à travers sa bouche. Les réponses adéquates ou non à ses demandes font qu'il va cliver ce « réel » en bon ou mauvais. Vous êtes bonne ou mauvaise mère selon que vous le rassasier à sa demande ou non, que vous le narcissisiez suffisamment par vos bons soins. Et il est important qu'il puisse se
confronter au réel car ainsi il va apprendre à gérer vos absences, à apprendre à attendre, à apprendre les frustrations. On le constate que cet apprentissage n'est pas facile pour lui. Bien souvent, il ne tolère pas cette attente car effectivement, il se sent menacé de mort si on l'oublie et si on ne s'occupe plus de lui. Il faudrait toutefois répondre de manière rassurante sans répondre immédiatement, ne pas anticiper ses demandes sous peine qu'il devienne un petit dictateur en puissance. C'est ce que l'on appelle nous en psychanalyse, la toute puissance du nourrisson. Dès lors qu'il intègre petit à petit l'attente dans ses demandes, il commence à apprendre à s'auto-materner, à s'auto-gérer grâce entre autre au doudou. Et la route est longue...
Puis une autre phase s'amorce et tous vous le reconnaîtrez, c'est une phase assez éprouvante car l'enfant commence à s'affirmer et de manière assez ferme. C'est une identité en devenir. Il commence à intégrer les interdits, le non en le répétant à tout va et pouvoir ainsi reprendre un peu de puissance, de pouvoir. On le constate également lors de l'apprentissage de la propreté. Il donne ou ne donne pas. Et on le constate en cabinet de psy lorsque l'enfant souffre d'énurésie ou d'encoprésie qu'il y a une régression à un stade antérieur car il n'a pas assez intégré d'auto-maternage (de narcissisme) et va ainsi forcer son entourage à le remettre au centre des attentions pour ainsi se sentir à nouveau materné et tout-puissant. Cela fait d'ailleurs souffrir également les parents.
Vous l'avez remarqué ? L'autre n'existe pas encore à ce stade et c'est au moment de l’œdipe, entre 3 et 5-6 ans que l'enfant va comprendre, assez douloureusement il est vrai, que le centre du monde n'est pas lui, qu'il n'est pas l'amoureux ou l'amoureuse de maman et de papa et que, comme ces deux traîtres aiment quelqu'un d'autre que lui, il a le droit d'aimer en dehors de la famille. La fratrie, la famille au sens élargie et puis l'école, la primaire qui va commencer. Les sollicitations deviennent différentes, angoissantes même. Si il n'a pas compris que les autres avaient des désirs autres que lui, des plaisirs autre que lui et des besoins autre que lui, il va vite le comprendre par l'autre. L'égocentrisme de l'enfant va s'atténuer pour pouvoir commencer à prendre en compte l'autre dans ses choix de jeux, sa position sociale.
Je reprends ici les paroles d'une ado, Louna, 16 ans, chère à mon cœur : « L'enfance est cruelle, les différences ne sont pas acceptées, tout ce qu'il ne connaît pas, il va critiquer, par peur du jugement, alors qu'à l'adolescence, on juge moins, on accepte plus les différences, on a envie de cette différence, d'être différent, de se démarquer, d'être vu, entendu. » Je me rappelle qu'en primaire, il y avait un garçon un peu rondouillet. Il s'appelait Marc. Pendant les trois ans où nous étions ensemble, nous les filles l'avons repoussé car nous le trouvions gros, donc moche, donc pas digne d'intérêt. Oui Louna a bien raison, l'enfance est cruelle et naturellement intolérante face à ce qui est différent. Parce que l'enfant s'est identifié et l'identification continue jusqu'à l'adolescence. Je ne dis pas ici que les parents sont intolérants et que les enfants le sont par conséquent mais bien plutôt que l'enfant est identifié à une famille, un groupe et tout ce qui ne ressemble pas à ce groupe est rejeté. Le malheur à mon époque était de devoir porter des lunettes. Heureusement pour vos enfants, Harry Potter existe !
A l'enfance nous créons notre identité sur notre sphère familiale, ce que nous connaissons et éprouvons l'extérieur. A l'adolescence, nous cherchons au contraire à nous dés-identifier des imagos parentaux. Nous cherchons à être différents, à aller dans la différence. Nous cherchons une appartenance à un groupe autre que la sphère familiale, bien souvent au détriment de la santé nerveuse de nos parents. La tolérance des parents est ici mise à l'épreuve. Mais nous entendons souvent des ados donner des leçons de morales très intéressantes aux adultes. Ils sont ouverts, curieux, généreux, altruistes, idéalistes, rebelles bien entendu face à la loi, donc au père et à la mère si elle l'a représentée, agressifs et intolérants quand ils ne sont pas considérés, entendus, acceptés, tolérés... C'est que vous avez fait du bon boulot Mesdames et Messieurs si vos enfants peuvent éprouver les valeurs que vous leur avez inculquées dans le monde extérieur. C'est qu'ils ont su vous prendre comme modèle pour pouvoir ainsi vous rejeter et devenir leur propre modèle. C'est qu'ils peuvent amorcer leur propre identité, identité sexuelle qui est souvent éprouvée avec les deux genres avant de choisir une voie plutôt qu'une autre. Les ados éprouvent non pas une homosexualité mais une bisexualité qui va la plupart du temps être très passagère. Et on les voit vivre cela le plus naturellement possible entre eux, parfois ou souvent caché aux parents pour ne pas les peiner, parce qu'ils ont une vie privée maintenant, une intimité. J'invite les parents à ne pas s'alarmer si ils sont inquiets de ce passage et à faire preuve d'une grande tolérance.
Aujourd'hui, heureusement, nous pouvons tolérer des différences qui semblent valoir de soit. Pourquoi ? Parce que la morale ne fait plus autant partie de nos éducations, les principes gnostiques n'étant plus autant au cœur de nos familles. Nous voyons donc l'homosexualité comme, non plus un phénomène lié au diable, mais plutôt une intimité différente. Nous avons vu avec le temps que l'homosexualité n'était pas contagieuse et n'était dès lors pas menaçante. Elle fait toujours autant parler de nos jours avec le débat en cours sur le mariage pour tous et l'adoption pour les couples homosexuels. Tolérance ou acceptation ? Nous pouvons très bien faire ici une différence entre accepter l'homosexualité d'une personne mais ne pas tolérer qu'elle puisse se marier ou adopter. Cela veut dire que nous acceptons la différence mais nous ne désirons pas qu'elle devienne une normalité. C'est le fait de se marier et d'adopter qui vient menacer la famille et l'enfant tels que nous les imaginons encore aujourd'hui dans notre société française. Dans d'autres sociétés, l'homosexualité est inadmissible alors que pour d'autres, ils sont nos égaux devant la loi et dans la famille. Nous parlons ici de valeurs familiales et de recherches de la vérité.
La tolérance et le pouvoir :
Par ailleurs, la tolérance traduit son attitude comme étant le respect d'autrui: or tout respect suppose une égalité de droit alors que la tolérance sous-entend la supériorité - et donc l'inégalité. Tolérer, c'est faire en sorte que l'autre dépende de moi, de ma bonne volonté à son égard. Elle apparaît alors plutôt, comme l'affirme Sartre dans L’Être et le Néant, comme la négation de la liberté de l'autre, puisqu'à travers une telle attitude, je fais de ma liberté la condition de la sienne.
La tolérance et le territoire est également une notion intéressante à développer. Lorsque nous sommes intégré à un territoire, l'autre qui s'y installe vient restreindre notre territoire. Nous pouvons ici parler de voisinage, de colocation, de vie commune... Chacun vit un moment de transition lors duquel il doit trouver ou retrouver sa place. Cette transition, ce changement a un rythme personnel avant que la « menace » s'apaise et que le calme revienne. Une communication efficace est ici préconisée afin d'éviter tout malentendu. Ex. un couple qui s'installe ensemble avec des attentes bien évidemment personnelles, un voisinage nouveau amenant des sons nouveaux... Mais bien évidemment un travail sur soi pour tolérer ce changement et ne plus se sentir menacé sur notre territoire.
A quoi sert la tolérance :
On peut donc ici tout naturellement se pose la question « A quoi sert donc la tolérance » ? A nous enrichir culturellement, idéologiquement parlant, à nous ouvrir aux autres, à éviter l'intégrisme, l'égocentrisme et toutes les dérives qui mènent à la plus complète intolérance et peuvent générer des guerres, des morts, des attentats, voire des génocides de ceux qui nous font peur et qu'il faut donc détruire. L'histoire a un nombre incalculable d'exemples d'intolérance que ce soit au sujet de territoire et de conquête, d'intégrisme et de religion nouvelle que l'on jugeait menaçante...
Enfin, nous pouvons ici également réfléchir à la tolérance vis-à-vis de soi-même. Nous pouvons remarquer des enfants et des adultes qui sont sévères avec eux-mêmes, qui sont critiques et qui se pardonnent difficilement. L'explication est quand on a un surmoi trop fort, qu'on a un surmoi trop dictateur. Le surmoi étant la loi que nous avons intégré, le parent vis-à-vis de soi-même et que nous avons interprété, dans ce cas précis, comme intolérant face à l'imperfection. Ici, être tolérant envers ses erreurs, le changement de son corps, s'accepter soi-même avec ses fragilités est un acte de paix, d'ouverture à la différence face à ce qu'on ne peut changer (le fait de grandir, de vieillir, le passé...) et une possibilité d'apprécier, d'apprendre à évoluer avec ces différences.
On l'a vu dans cet exposé que la tolérance c'est pouvoir prendre en compte l'autre dans sa/ses différence(s) mais sans l'accepter entièrement,
De la tolérance, nous devrions avancer vers l'acceptation. Ce qui implique que nous ne nous sentions plus menacés par la différence, quelle qu'elle soit, et que nous ayons donc une confiance en soi suffisamment construite.
Comment avoir suffisamment confiance en soi ? Ceci est une autre histoire, un autre débat...
Par
Meyer Catherine
Le 14/01/2013
Et une nouvelle émission de radio de plus, sur la Jalousie, avec mon collègue psychanalyste également Guy Lesoeurs.
http://osmose-radio.e-monsite.com/pages/replay-des-emissions/de-vous-a-moi.html
Par
Meyer Catherine
Le 03/01/2013
Je vous invite à écouter ma première émission de radio sur la Parentalité et sur les ondes de la radio Osmose, d'Avignon. Bonne écoute et n'hésitez pas à me donner vos avis.
http://osmose-radio.e-monsite.com/pages/replay-des-emissions/de-vous-a-moi.html
Par
Meyer Catherine
Le 31/12/2012
Par
Meyer Catherine
Le 07/11/2012
Avis aux parents :
J'ai été contactée par une journaliste qui prépare un documentaire pour l'émission Zone Interdite sur M6 qui sera consacré aux difficultés liées à la parentalité. Elle recherche des témoignages de parents qui rencontrent des difficultés avec leur enfant (problème d'attachement, enfant ingérable, etc.) ou au sein de leur couple (bouleversement lié à la naissance).
Si vous êtes intéressés, je vous donne volontiers ses coordonnées. N'hésitez pas, cela ne vous engage à rien.
Cordialement,
Catherine Meyer
