Catherine Meyer

Localisation :
Maillane
Profession :
Psychanalyste, Psychopraticienne

Billets de catherine-meyer

La dépression

"On ne vit que lorsqu'on profite, ou lorsqu'on souffre. La souffrance est inévitable... il nous arrivera tôt ou tard d'être tristes. La dépression, par contre, apparaît si l'on refuse d'être triste, de souffrir." Jorge Bucay

La dépression n'est pas un symptôme mais un signe de dysfonctionnement. Elle est donc un merveilleux et douloureux message de notre corps, une invitation à apprendre un autre fonctionnement qu'est l'acceptation de notre monde émotionnel dont l'extérieur, ...le dehors est le miroir.

Lorsque nous apprenons à accepter nos émotions et à ne plus lutter contre elles, contre la réalité, la vie peut alors apparaître dans toute sa beauté et sa puissance. Nous ne luttons plus enfin contre nous-mêmes. C'est à mon humble avis le message suffisamment fort de la dépression.

Ne traitons dès lors pas le symptôme mais tentons de le comprendre pour mieux nous comprendre et vivre.

Cordialement,

Catherine Meyer

Un NON d'amour pour bien grandir

Th

Ce guide est destiné à aider les parents à investir avec efficacité leur métier de parents. Illustré d'une multitude d'astuces et d'exemples vécus, il permet aux parents de bien repérer les écueils à éviter et de prendre les bonnes directions éducatives, depuis l'arrivée de l'enfant jusqu'à son entrée dans l'âge adulte.

Il donne des pistes pour leur permettre d'agir en parents responsables et cohérents en s'appuyant sur les 3 ingrédients indispensables pour faire grandir un enfant : l'aimer, lui donner des autorisations et faire preuve d'autorité.

Votre vie vous appartient-elle ?

Votre vie vous appartient-elle ?

Après avoir revu le film « Un Heureux Événement », j'ai eu l'attention attirée par une phrase exprimée par l'héroïne du film, devenue maman, une phrase loin d'être si anodine que cela : « Désormais, ma vie ne m'appartenait plus ». Mon cerveau est parti instantanément en réflexion sur ce point, au sens plus élargi qu'à la seule maternité ou parentalité. Est-ce que j'ai sincèrement le sentiment que ma vie m'appartient ? A quel moment m'a-t-elle appartenu ou m'appartient-elle enfin, la quarantaine installée ? Et vous ? Votre vie vous appartient-elle ?

Ma réflexion est bien entendu basée sur mon histoire dès ma naissance jusqu'à ce jour. Mais si j'y réfléchis plus profondément et si j'observe mes patients lors des séances, je peux également me poser cette question et la leur poser, ce qui les place souvent dans l'embarras. Déjà que veut dire cette question ? En effet, nous nous sentons très influencés de toute part, par notre entourage et même plus par notre environnement. Enfant, nous devions conquérir nos parents pour s'assurer de leur amour et leur non-abandon (sans eux notre survie étant menacée) que ce soit lors d'absence de notre parent, plus particulièrement de notre mère, mais également à l'arrivée d'un puîné et lors de ce fameux Œdipe (Merci Me. Freud) dont on ne sort véritablement jamais. Enfant, nous devions convenir aux attentes des adultes, qu'ils soient parents, grands-parents, maîtres d'école. La peur étant si grande de décevoir ces adultes qui nous constituent encore, auxquels nous nous identifiions. Il y a les autres aussi, ces fameux autres dans les cours de récréation à conquérir, à séduire pour en être l'ami(e), être accepté. De quoi sommes-nous capables pour nous faire accepter lorsque nous sommes enfants ? Adolescents, l’ambiguïté ambiante nous pousse également à accepter ces influences tout en les repoussant, parfois violemment, tentant de nous trouver, différent, meilleur, plus fort que ce dont on veut bien nous faire croire. La réalité peut être alors parfois cruelle, tant la confusion nous perturbe et nous éloigne de notre potentiel. Or, ce potentiel est toujours là, encore et toujours. Jeune adulte, sommes-nous réellement nous-mêmes ? Ces regards qui se posent sur nous ne sont-ils pas cloisonnant, enfermant ? Avons-nous librement, psychologiquement parlant, choisi notre voie professionnelle ou subissons-nous encore ces influences ? Et que dire de notre vie amoureuse ? Cherchons-nous encore notre père ou notre mère dans nos amours ? Ne tentons-nous pas à travers ces rencontres de nous trouver enfin ou alors de reconstruire le milieu que nous venons de quitter ? Et que dire de l'éducation de nos enfants. Est-elle vraiment libre ? A quel moment devenons-nous nous-mêmes ?

Il faut du temps pour s'approcher de soi-même. Il faut pouvoir tout d'abord reconnaître quelles influences nous gouvernent pour pouvoir tout doucement, lentement s'en émanciper. Les reconnaître même si cela est agaçant, effrayant, apeurant souvent. Il est triste de constater que nous sommes parfois enfermés dans des diktats familiaux, remontant parfois à des générations anciennes (les femmes élèveront leurs enfants seules, cette famille souffrira de génération en génération de problèmes financiers, etc). Mais que dire alors des diktats sociaux. Vous sentez-vous libres de vivre dans cette société ? Que nous propose-t-elle cette société ? Un foisonnement d’électronique, témoignage du progrès exceptionnel de ces dernières décennies. La médecine en est une preuve et Dieu merci ! Des manières de vivre toujours plus sophistiquées avec des voitures qui se conduisent bientôt toute seules, qui nous disent comment rentrer chez nous (très pratique en cas d'alcoolémie massive), des smartphones qui nous permettent de nous connecter les uns aux autres (j'ai connu la période où ils n'existaient pas encore), la télévision du monde entier dans notre salon, pour autant que vous ayez la dernière version des écrans plats 3D, vous n'avez plus besoin d'aller au cinéma. J'ai envie de vous demander comment va votre voisin ? Savez-vous comment s'appelle-t-il ? Il n'est pas aisé de résister à tout ces propositions de vie nouvelles. Personnellement, j'adore voir un bon film au cinéma de mon quartier. Déjà, il est moins cher que dans les multiplex mais il fait vivre un artisan. Et surtout, il n'est pas entrecoupé de publicités, le plus grand fléau, à mon humble avis, qui influence notre vie. Le besoin est créé à chaque instant et surtout, notre société nous demande d'être zéro défauts. Pas de rides sinon personne ne voudra de vous. Être mince, musclé, beau, belle à tout prix sinon vous serez rejeté(e). La dernière technologie sinon vous serez un has been. La dernière voiture toutes options avec crédit à zéro pour cent, mais qui vous coûte un quart de votre salaire dans le meilleur des cas. Ainsi vous serez bien vu(e), accepté(e) par cette société. Cerise sur le gâteau, vous serez peut-être même envié(e). Le regard qui se posera sur vous sera enfin différent que celui qui vous coinçait dans une image trop étriquée de vous-mêmes. Enfin, c'est ce que l'on croit.

Alors, votre vie vous appartient-elle ? Vraiment ? Êtes-vous libres de vos choix ? Êtes-vous émancipés de vos parents, osez-vous êtres différents d'eux sans conflit de loyauté et sans culpabilité ? Avez-vous choisi votre voie et en êtes-vous satisfaits, voire même épanouis ? Êtes-vous attentifs à notre société de consommation, savez-vous tenir compte de la réalité de vos finances pour pouvoir dire non et assumer les frustrations qui en découlent ? Savez-vous résister aux tentations quelles qu'elles soient ? Savez-vous être vous ? Vous aimez-vous ? Qui êtes-vous ?

Je vous souhaite une belle rencontre avec vous-mêmes.

Cordialement,

Catherine Meyer

Psychanalyste et psychopraticienne

Association Psychologie & Parentalité

L'Association Psychologie & Parentalité est née. Nous vous tiendrons informé(e)s de toutes les activités que développera cette association, dédiée à la famille, à la parentalité, à l'enfant.... Un projet d'envergure en est en cours de réalisation. Alors, à très très bientôt.

 

 

Enrayer la violence à l'école

L'agressivité naturelle chez l'enfant

Quand j'explique aux parents comment naît la violence, j'utilise toujours ces deux boules, une petite, l'autre grande. La violence est un dérivé de la colère, émotion oh combien importante pour maintenir à distance les éventuels agresseurs. La violence naît également de la peur, décharge d'adrénaline très addictive. Toutes les deux sont des émotions. L'enfant est un sensoriel, un émotionnel avant de devenir un être de raison. Les émotions sont donc des baromètres de notre humeur. Ne pas pouvoir les exprimer équivaut à mettre un couvercle sur une cocotte qui va bouillir tôt ou tard. La petite boule devient grande et gêne considérablement ! Les conséquences sont diverses mais celle qui nous intéresse aujourd'hui est la violence.

L'agressivité est naturelle. Si nous observons des petits chatons, ils jouent à la bagarre mais tout en le faisant, ils se positionnent socialement et nous remarquons rapidement des dominants et des dominés. Or, l'être humain est un être territorial et n'en déplaise à certains parents que je ne voudrais pas heurter mais l'enfant a une agressivité naturelle en lui.

Des études ont démontré que l'agressivité physique débutait entre la fin de la première année et celle de la deuxième année dans des fréquences par contre différente. Cette fréquence augmente pendant les 30 à 42 premiers mois pour ensuite diminuer de manière constante. Par ailleurs, les études longitudinales qui se poursuivent jusqu’à l’adolescence montrent que la période préscolaire est une période charnière pour l'apprentissage de la régulation de l'agressivité physique. En effet, la minorité d’enfants (de 5 à 10 %) qui continuent à manifester des niveaux élevés d'agressivité physique à l'école primaire présentent le risque le plus élevé de se livrer à des comportements de violence physique pendant l'adolescence. Il est intéressant de noter que la fréquence des agressions physiques diminue à partir de la troisième ou de la quatrième année après la naissance, alors que la fréquence des agressions indirectes (propos désobligeants à l’insu de la personne visée) augmente de façon importante entre 4 et 7 ans. Les filles ont tendance à utiliser cette forme d'agressivité plus souvent que les garçons.

L'enfant cherche régulièrement à retrouver la toute puissance lorsqu'il était nourrisson. Des pleurs, des cris, des colères pour obtenir, vous voyez que ce réflexe est archaïque. Il est difficile pour lui ensuite d'apprendre à attendre, à ne pas obtenir et si nous le laissons un peu trop faire, trop décider, cette forme de toute puissance retrouvée peut aboutir à une position de dominant dans une peau d'enfant. C'est-à-dire, trop de puissance et de pouvoir dans un bout de chou. Nous observons parfois des enfants tyrans qui  ont du pouvoir sur tout leur entourage, ils décident de tout. Avec ses congénères, c'est identique. Il y a naturellement des dominés et il n'est pas rare de voir des boucs émissaires et entendre des anciens enfants devenus adultes nous raconter leur calvaire lorsqu'ils étaient enfants.

Or, le paradoxe fait souvent que l'agressif a en fait peur de toute cette agitation autour de lui, des autres enfants et pour combler cette peur, ne surtout pas la montrer, il va terroriser son entourage. La colère sert souvent à masquer d'autres émotions comme celle que je vous parlais toute à l'heure, la peur. En ne mettant pas de limites constructives à un enfant, je le dis et le répète, et ne suis pas la seule, c'est l'équivalent de le jeter dans du vide, un précipice. C'est enivrant, c'est planant, il y a de l'adrénaline il est vrai, mais la chute va arriver ! Les limites sont donc constructives mais surtout rassurantes. J'en parlerai un peu plus loin. La peur de l'enfant, Mesdames, Messieurs, est de perdre votre amour, se sentir abandonné et il fera tout, absolument tout pour que cela ne se produise pas, quitte à choisir les pires comportements.

Sociologiquement, les petits garçons seraient plus agressifs que les petites filles. Elles utiliseraient plus mots et les garçons leurs poings ou leurs pieds. D'autres part, les garçons tourneraient leur agressivité plus vers l'extérieur et les filles contre elles. C'est pendant la petite enfance que l'enfant apprend à canaliser cette agressivité naturelle en mettant en place des alternatives. A nous, adultes, de leur proposer celles qui nous paraissent socialement les plus adaptées. Écouter leurs émotions, les valider, les reconnaître, mais pas forcément les accepter toutes, garder notre position d'adulte, de ceux qui savent et d'appliquer des conséquences, des punitions s'il le faut.

 

La violence vue par les parents

Lorsqu'un parent apprend que son enfant a des comportements violents envers des camarades, la première réaction est le déni. En effet, il est difficilement concevable que son enfant, chéri, aimé, tant désiré, puisse se comporter de manière non appropriée. On voit alors le parent se débattre intérieurement contre des forces contraires. « Non ce n'est pas possible. Mon enfant a dû réagir à l'agressivité d'un autre. C'est une erreur ! Ce sont les professeurs qui n'aiment pas mon enfant. » etc etc. C'est un monde qui s'écroule. Que faire ? Comment le faire et pourquoi ?

Tout d'abord, il n'est point nécessaire de stigmatiser les parents. Il existe des parents qui font de leur mieux, posent des limites claires, ils sont fermes et justes, appliquent les conséquences mais le caractère, la personnalité de l'enfant est difficile. Même à l'état de nourrisson, on constate que certains sont plus agressifs que d'autres. Nous n'avons pas de réponses scientifiques à donner à ce jour.

Or, il s'avère qu'il y a une profonde confusion depuis les années 70 au sujet de l'éducation des enfants. Lors d'une précédente conférence sur les bienfaits des limites dans l'éducation, je précisais qu'il s'agissait de compenser une éducation jusqu'alors répressive. Or, nous avons complètement banni les limites. Elles étaient comprises comme frustrantes voire maltraitantes. Aujourd'hui, avec le recul, nous constatons que ce n'est pas la solution. Comme j'aime à citer le Bouddha, la solution est dans le juste milieu. Comme je le disais toute à l'heure, ne pas mettre de limites à un enfant, c'est le jeter dans le vide. Or, il s'agit de savoir de quelles limites nous parlons aujourd'hui. Rappelez-vous Mesdames, Messieurs, de votre enfance. Où en êtes-vous avec votre histoire ? Qu'est-ce qu'elle vous appris ? Y a-t-il des expériences que vous avez envie de transmettre avec votre enfant ? D'autres non ? Très certainement. Mais il s'agit surtout de comprendre que quoique vous ayez vécu, vous avez appris le monde, à travers les yeux de vos proches. Vous pourrez toujours essayer de faire mieux ou pareillement, mais il s'agit surtout de comprendre que l'enfant a besoin d'apprendre. Non il n'est pas un adulte en miniature. Il vit entièrement dans l'instant présent, vous savez, celui que nous avons tant de peine à retrouver en tant qu'adultes. Suivant son âge, il est difficile pour lui de pouvoir anticiper les conséquences à ses actes. Il faut donc en parler avec lui et appliquer quand même la conséquence.

Je vous donne ici un exemple simple : Si votre enfant joue avec un verre d'eau, il risque d'en renverser un peu. S'il en renverse, que faites-vous ? Vous le chahutez ? Vous épongez vous-même l'eau renversée ? Vous anticipez peut-être et lui enlevez le verre en le grondant, avant même qu'il ait renversé de l'eau ? Si vous le grondez, il saura qu'il aura fait une faute mais laquelle ? Si vous épongez vous-même, il saura que vous assumerez vous-même ses actes et peut s'en servir. Il peut aussi, en grandissant, vous prendre pour une bonniche. Si vous anticipez, il ne vivra pas l'expérience. Quoiqu'il en soit, il a du pouvoir sur vous. Il arrive à vous faire réagir et ainsi se mettre au centre de votre attention. C'est un gain de toute puissance et nous avons compris maintenant qu'il ne faudrait pas le laisser avec tout ce pouvoir dont il ne sait que faire. Il serait mieux de lui faire assumer ses responsabilités. C'est aussi un bon moyen de respecter l'enfant à mon sens. Qu'il joue avec ce verre d'eau. S'il en renverse, il épongera lui-même. D'ailleurs c'est un bon moyen de savoir s'il joue ou s'il cherche une réaction de votre part. S'il joue, pourquoi le gronder d'ailleurs ? A nous de lui proposer une autre façon de jouer, un autre objet. Ainsi nous ne l'empêchons pas de jouer, mais choisissons un jeu avec lui qui nous paraisse plus approprié. S'il cherche une réaction de votre part, il épongera l'eau et ne le refera plus. Parce que ce n'est pas drôle d'assumer ses actes et surtout parce que cela ne marche pas avec vous, il n'a pas d'emprise sur vous.

Ainsi des limites encourageantes amènent un cadre dans lequel l'enfant peut vivre sereinement, sait comment réagir, comment les membres de la famille réagissent, un cadre dans lequel l'enfant est écouté, entendu, respecté et dont les émotions sont gérées ensemble, avec les parents, les adultes.

Pour celles et ceux que cela intéresse, je vous invite à aller sur mon site pour lire la conférence sur les bienfaits des limites dans l'éducation. C'est toujours très instructif et encourageant pour vous, parents ! Le but étant de relancer votre créativité et votre liberté d'être.

 

La violence vue par les enseignants et le personnel

J'aimerais ici rappeler les enjeux de l'école cités sur le site du Ministère de l'éducation nationale, qui n'est pas uniquement cantonné à transmettre des connaissances mais aussi de savoir offrir des chances égales et une intégration réussie ainsi que lutter contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l'homophobie. « Prévenir et lutter contre la violence à l'école est une des conditions de réussite des élèves, qui ont besoin de travailler dans un climat serein pour réussir ».

Ce point de vue est très intéressant car il vient compléter cette triade absolument indispensable au bon fonctionnement du développement de l'enfant. Ici il ne s'agit pas d'éducation mais de respect. Respect des règles de communauté, respect des adultes, de la « hiérarchie », respect des autres camarades... Or, depuis quelques années déjà, nous nous trouvons de plus en plus confrontés à un cruel manque de respect. Il devrait y avoir une transmission de pouvoir sur l'enfant qui n'est pas acceptée par tous. Pourtant, lorsqu'une violence, une agressivité poussée est remarquée soit vis-à-vis d'un autre enfant, soit vis-à-vis d'un enseignant ou d'un membre du personnel, il faut bien réagir, il faut bien ne pas laisser faire. Posez-vous la question : Faites-vous confiance à l'enseignant de votre enfant ? Pouvez-vous communiquer avec lui aisément au sujet de votre enfant ? Donnez-vous crédit aux dires de cet enseignant ? Il est celui, ne vous en déplaise ou non, qui connaît votre enfant en dehors du noyau familial, qui le voit évoluer dans cette cour, pleine d'enfants, cherchant sa position sociale, de manière plus ou moins adaptée. Il est celui qui doit rappeler les règles et les appliquer. Et nous ne parlons pas de règles d'un goulag mais bien d'une école. Êtes-vous d'accord avec ces règles ? Les connaissez-vous ?

A mon époque, l'autorité des enseignants n'étaient pas discutée. Je me rappelle personnellement un tirage d'oreille douloureux pour avoir défier cette autorité. Lorsque je m'étais plainte auprès de mes parents, ma frustration a été encore plus grande de les entendre donner raison à mon professeur. Bien sûr, il n'est plus permis aujourd'hui de punir corporellement les enfants et c'est tant mieux ! Mais faut-il quand même entendre les parents transmettre leur autorité aux enseignants pour que l'enfant l'accepte tant bien que mal. La cour de récréation est comme une petite jungle dans laquelle évolue des enfants différents (taille, poids, couleur de cheveux, lunettes, culture...) Tout est sujet à inquiéter celui qui cherche une appartenance et on le sait, la tolérance doit s'apprendre. N'oublions pas ici que ce qui menace, ce qui fait peur doit être écarté et que bien souvent, c'est la peur qui dicte les comportements agressifs et violents. Nous avons malheureusement beaucoup de cas relatés par les médias. Le groupe rend fort, celui qui a peur va chercher un groupe dans lequel se sentir plus fort. L'adrénaline de la peur multipliée par le nombre d'individus dans le groupe fait des sérieux dégâts, matériels mais surtout malheureusement humains. Dans la cour de récréation, il y a des comportements qui nous donnent déjà des alertes sur d'éventuels débordements. Ce sont les membres du personnel des écoles et les enseignants qui font ces observations. Il serait donc important d'entretenir une relation de confiance, de prendre le temps de se connaître, et de dialoguer. Et surtout de rétablir la fonction d'autorité à l'école.

Que dire des enfants victimes de violence ? Les conséquences peuvent être lourdes : perte d'estime de soi, décrochage scolaire, anxiété, dépression, somatisation et conduites suicidaires. En effet, comment ces enfants pourraient évoluer en sécurité dans ce monde ? Vous-mêmes avez besoin de sécurité. Je reçois en cabinet des enfants angoissés, qui s'arrachent les cheveux, vomissent, ne dorment plus, ont des crises de larmes au moment d'aller à l'école, se lèvent déjà avec des douleurs abdominales... Ce n'est pas acceptable. Pour les enseignants, le personnel et les parents, il faudrait également pouvoir observer si l'enfant s'isole, ce qui est toujours un signal très alarmant. L'enfant victime peut également devenir agresseur à son tour. N'oublions pas que la peur est une des deux émotions qui peut mener à la violence. Racket, harcèlement, coups.... 1 enfant sur 10 serait victime de harcèlement et de violence à l'école. Le pire serait de fermer les yeux. D'ailleurs, je vous invite à regarder le clip du groupe Indochine : College Boy ! Très extrême il est vrai mais ce qui choque le plus, à mon sens, est le fait que tous les personnages qui assistent au lynchage de ce garçon ont les yeux bandés. Le personnel et les enseignants ont cette responsabilité de voir, de dire, d'intervenir. Il ne faut jamais banaliser un acte agressif, violent. Il nous faut créer un dialogue avec l'enfant, les enfants agresseurs, et ainsi permettre une décharge de cette violence. On le voit en cabinet, parler permet d'abaisser la tension interne. J'encourage donc fortement le personnel des écoles à parler, dialoguer, ouvrir tout dialogue permettant ainsi de garder le lien avec l'enfant. Montrer l'exemple, que ce soit les parents, les enseignants, à savoir qu'on règle nos conflits avec le dialogue et respect. Pour les enfants victimes, je ne peux qu'encourager les parents, les enseignants à entendre, encourager, valider l'enfant comme une victime. Son statut doit être reconnu. Et aussi le faire voir par un professionnel car son estime de soi doit être reconstruite, il doit se sentir soutenu et pouvoir reprendre confiance en lui, dans le monde. Il s'agit d'éviter le pire... que l'agressivité « encaissée » ne ressorte sur un plus faible que lui ou … contre lui. Les cas de suicide existent même pour les enfants.

En agissant ensemble, grâce au personnel et aux enseignants, nous pouvons aider tous ces enfants afin de rétablir le calme nécessaire à la réalisation de chacun et un climat serein à l'apprentissage scolaire et social. Il s'agit de passer de la violence à l'agressivité contrôlée, de l'acte au dialogue. Le dialogue permet une décharge des émotions et évite ainsi un éventuel passage à l'acte.

Le gouvernement s'active et a mis sur pied un plan d'action global afin de lutter contre la violence et le harcèlement. Il s'agit également de redonner du sens aux sanctions scolaires, à savoir responsabiliser l'enfant perturbateur et pour cela, nous avons besoin que les parents adhèrent. Nous devons donc nouer un dialogue entre adultes afin d'encadrer les enfants au mieux et d'entendre leurs besoins : besoin de se dire, besoin d'être entendu, besoin d'être reconnu, besoin d'être valorisé, besoin d'intimité, besoin de créer, besoin de rêver. Nouer un dialogue avec l'enfant pour que ses besoins soient entendus et respectés.

 

Conclusion

Si nous n'intervenons pas tôt pour tenter de contrôler ensemble, en collaboration avec les parents, le personnel des institutions scolaires et des professionnels de la santé physique et psychique, le risque est une possible évolution vers une délinquance. En effet, il faut comprendre que la « loi » dans la famille et les règles de vie communes dans la vie scolaire sont représentatives ou devraient l'être de la société aujourd'hui avec ses lois et ses autorités. Si les premières autorités que sont d'abord les parents puis les professeurs ne sont pas respectées, l'autorité que représente l'état et la police ne le seront également pas. Nous voyons certains jeunes défier la police lors des manifestations quelconques et ressentir cette adrénaline lors de conflits, mais lorsqu'ils sont arrêtés, cadrés, voire enfermés, lorsqu'ils se retrouvent seuls, il y a souvent une réassurance, en sentiment de justesse, si ce n'est de justice. C'est lorsqu'ils sortent que la tentation de la toute puissance se fait à nouveau ressentir, dans le groupe qui représente une nouvelle famille où la loi est un code d'honneur et imposée à nouveau par des dominants. Les autres, ceux qu'ils volent, agressent, frappent, n'existent pas. L'empathie, l'altérité n'existent pas. Ces jeunes vont à contre-courant de notre société, quelle qu'elle soit, ils créent leurs propres règles. Ils sont perdus dans un monde que finalement ils ne comprennent pas. A nous de leur expliquer le monde, comment il fonctionne communautairement et ce que nous attendons d'eux en leur mettant ces fameuses et sacrées limites constructives, respectueuses et finalement bienfaitrices. Il est plus important de répondre aux besoins des enfants qu'à leurs désirs.

Merci Mesdames et Messieurs de votre attention et bonne continuation à vous toutes et tous.

Siret N° 511 258 477 00021 - APE 8690F